mercredi 9 janvier 2008

COMPAGNIE IN-TIME

La compagnie IN-TIME est située dans la région rhone-alpes et plus exactement à Lyon. La compagnie a été créée en 2003. La compagnie travaille un peu de partout en France ,mais essentiellement dans la région rhone-alpes.

La compagnie a monté trois créations ( la cabane dans le jardin, sensitive room alias " pièce blanche", empty) Elle a participé à diffèrentes rencontres artistiques comme le printemps des poètes ou les dix mots de la langue française. Elle travaille également sur des performances ou events , tel au musée des beaux-arts de lyon, ou au musée gallo-romain de st romain en gal. Elle travaille également avec différents instituts de jeunes sourds comme plein vent, ssefis, crop, ijs à bourg en bresse,injs à chambéry,cjda au puy en velay... Carine Pauchon dirige des stages sur sa démardhe artistique pour des comédiens ou danseurs professionnels.

Elle est dirigée par la metteur en scène, Carine Pauchon. Sa chargé de production est Anne Tréton. L'équipe artistique est composée d'artistes pluiridiscilinaires ( comédiens, danseurs, musiciens, vidéastes, plasticiens, réalisateurs ...) entendants , mal-entendants et sourds . L'équipe artistique est composée du 15 ° d'artistes venant d'horizon très divers. L'ensemble des créations sont en bilingue LSF et VOIX. La compagnie IN-TIME est subventionnée par la drac rhone-alpes, la région rhone-alpes, la ville de lyon, la ville de st étienne.

vous pouvez contacter la compagnie à l'adresse suivante: cieintime@yahoo.fr
adresser votre mail soit à Anne Tréton-Chargée de production/Diffusion
soit à Carine Pauchon/Metteur en scène/Directrice Artistique de In-Time.

http://cieintime.over-blog.com/

Vous pouvez retrouver l'émission du 5 décembre" aux arts et cetera" -Émission culturelle - de TL7- Carine Pauchon a été invité pour présenter le projet "EXHIBITION" . www.tl7.fr vidéo quicktime "aux arts et cetera"





(je suis sincèrement désolée, il n'y a pas de traduction en LSF, ni de sous titrage, ... je n'en ai pas trouvé :( )

lundi 7 janvier 2008

Emmanuelle Laborit


Biographie d'Emmanuelle Laborit

Le chemin fut long avant qu'Emmanuelle Laborit ne devienne une jeune femme radieuse et pétrie d'initiatives. Sourde profonde dès sa naissance, les premières années de sa vie sont marquées par une violente incompréhension du monde qui l'entoure. Mais à l'âge de 7 ans, elle découvre le langage des signes et s'épanouit enfin. Elle entre ensuite dans une institution spécialisée où les signes sont interdits. Si elle doit apprendre à oraliser - prononcer les mots à haute voix - cette épreuve marque pour elle le début d'un combat contre l'exclusion qu'impose aux sourds la société. Alors qu'elle décroche son bac non sans difficultés, on lui propose un rôle dans une pièce de théâtre, 'Voyage au bout du métro'. Quelques années plus tard, en 1993, elle reçoit le Molière de la révélation théâtrale pour 'Les Enfants du silence'. Emmanuelle Laborit a trouvé sa voie. Elle est Antigone au Festival d'Avignon, et apparaît sur grand écran dans 'Un air si pur' (1997) ou 'Marie-Line' (2000), aux côtés d'acteurs comme Sylvie Testud, Fabrice Luchini, André Dussolier ou Muriel Robin, avant de jouer des personnages plus importants dans '11'09'01' : September 11' ou 'Amour secret'. Parallèlement, elle publie un ouvrage intitulé 'Le Cri de la mouette', dans lequel elle raconte son expérience, et anime une émission hebdomadaire consacrée aux sourds sur la Cinquième. En 2003, elle succède à Alfredo Corrado à la direction de l'International Visual Théâtre, institution destinée à promouvoir la 'culture sourde' où elle a fait son apprentissage de comédienne. Si elle est parfois choquée par le regard que l'on porte sur les malentendants, Emmanuelle Laborit ne se laisse pas pour autant impressionner. Personnalité déterminée et généreuse, elle a su mobiliser ses atouts pour vivre comme elle l'entend.
source : http://www.evene.fr

Emmanuelle LABORIT reçoit le Molière de la révélation théâtrale pour son interprétation dans "Les enfants du silence". Elle reçoit le trophée des mains d'Edwige FEUILLERE et Stéphane FREISS. La jeune femme, en larmes, exprime des remerciements particulièrement émouvants en langage des signes. Elle demande au public de faire le signe "unir" en langage des signes, alors qu'elle réussit à ânonner "je vous aime" dans le micro. Voir la vidéo : ici



Actualité - Emménagement - 22 Janvier 2007
Après quelques années d'errance, l'International Visual Théâtre d'Emmanuelle Laborit investit les locaux du théâtre de la cité Chaptal. Un aboutissement très attendu pour cette institution innovante, qui entend ouvrir l'art dramatique aux malentendants.

dimanche 6 janvier 2008

article, témoignage, interview... l'implant cochléaire

Le cri d'inquiétude de la communauté sourde
vu sur http://www.sourds.net/JUIN2007-07.htm

Manifestation. Une quarantaine de sourds qui utilisent la Langue des signes, se sont mobilisés hier devant l'hôpital où se déroulait la pose d'un implant cochléaire suivie en visiococonférence.
Les sourds rassemblés hier au CHU étalent bien décidés à attendre le chirurgien ORL pour avoir une petite discussion sur l'Implant cochlêaire.

Hier, à partir de 8h à l'hôpital Gui de Chauliac, le Docteur Alain Uziel opérait et commentait en direct le placement d'un implant cochléaire sur une fillette, sous le regard studieux de 4 000 médecins ORL*. Des membres de l'Association générale des sourds de Montpellier s'étaient donné rendez-vous une heure plus tôt devant le CHU pour tenter de faire entendre leur voix... différente. A la technologie de l'implant cochléaire qui consiste à placer des électrodes directement dans l'oreille interne^ les sourds présents hier, opposent leur Langue des signes. Loin d'être contre l'implant chez l'adulte, la communauté des sourds s'inquiète de l'information réellement donnée aux parents avant l'opération chirurgicale d'un enfant. « A la base, nous souhaitions arrêter l'intervention et la visioconférence pour toucher les 4 000 chirurgiens et les sensibiliser à nos inquiétudes. Nous voulions aussi rencontrer les parents pour savoir s'ils avaient été informés des conséquences Qu'engendré l'implant cochléaire et de la possibilité d'apprendre la Langue des signes », livre Erwan Cirfa, membre de Sourd action 34. contrarié de n'avoir pu trouver le chirurgien avant l'entrée au bloc. Du coup, l'opération ne pouvait plus être interrompue ni retardée.

« Nous ne voulons pasdisparaître »

Douloureusement déçue, la quarantaine de sourds présents décidait d'attendre le Docteur Uziel. Hors de question de quitter les lieux sans tenter de lui parler « Ce qui nous inquiète, c'est l
e risque de génocide de la communauté sourde. Nous ne voulons pas disparaître. Ici, nous sommes tous sourds et heureux, alors pourquoi rajouter des complications ? interroge Erwan Cirfa. Avec l'implant cochléaire, nous sommes dans une situation de cobayes. Cette méthode est encore en phase d'expérimentation et nous n'en connaissons pas les conséquences. Nous voulons donner aux parents les moyens défaire un vrai choix. Avec l'implant cochléaire, les médecins disent que l'enfant va devenir un entendant parfait, or la rééducation des implantés est très lourde et leur apporte des complications durant toute leur vie ». Avec toutes ces. inquiétudes au cœur et un sentiment d'attaque personnelle fortement ressentie les membres de l'AGSMR, de Sourd Action 34 et 31, entre autres, réclament la création d'un comité consultatif national d'éthique composé de linguistes, chercheurs et médecins signants préhension de leur communauté.
Dr Alain Uziel : « Je trouve merveilleux que vous ne vous considériez pas comme handicapés ! »

Aux alentours de 10h20, une fois l'opération terminée, le Docteur Alain Uziel, accompagné de Bernard Barrai, directeur des établissements Saint Eloi et Gui de Chauliac et Alain Manville, directeur général des CHU de Montpellier, est venu à la rencontre des membres de l'AGSMR regroupés devant l'hôpital. La discussion s'est engagée dans le calme*. Extraits

Erwan Cirfa : Quelle est votre position sur l'implant cochléaire?

Dr Alain Uziel ; C'est une technique qui n'est plus une innovation. Avec plus de 20 ans de pratique, des milliers d'enfants ont été implantés partout dans le monde et
on en connaît les bénéfices à long terme. Sur Montpellier, une centaine d'enfants ont été implantés avec un suivi très rigoureux sur 10 ans. Nous avons constaté qu'un enfant implanté à l'âge de l ou 2 ans rattrape son retard d'acquisition du langage lié à la surdité. Au bout de 3 ou 4 ans, il comprend 7 à 8 mots sur 10 sans se servir de la lecture sur les lèvres, Il reste un enfant handicapé, mais avec un handicap modeste.

Connaissez-vous des cas d'échecs?

Sur les 100 enfants opérés, deux ont abandonné l'implant au bout d'un certain temps, en grande partie à cause d'une méningite à la naissance qui n'a pas permis
de mettre suffisamment d'électrodes dans la cochlée.

Comment informez -vous les parents d'enfants sourds ?

On leur présente les deux alternatives l'implant avec ses bénéfices ou la Lang
ue des signes avec le Cesda et l'Arieda ou encore l'éducation mixte, signée et orale. Souvent, les parents ont parcouru un long processus, ils ont eu d'autres informations par ailleurs avant de prendre leur décision.

A partir de quel âge opérez-vous ?

En général à partir de 2 ans. Je n'ai jamais opéré un enfant qui avant moins d'un an.

Nous souhaiterions pour la suite qu'il y ait un réel contact entre vous et nous. L'Arieda et le Cesda représentent l'éducation des enfants sourds, ils sont gérés par des entendants. L'AGSMR c'est la vie des sourds.
Je ferai tout pour qu'il y ait de meilleures relations.


Pour nous, la surdité n'est pasun handicap et notre crainte est la disparition de la LSF reconnue comme une langue à part entière. Les parents veulent que leur enfant corresponde à leur idéal. Ce sont les parents que vous soignez.
Vous n'avez pas tort, mais les parents sont responsables de leurs enfants. Quand à un ou deux ans, l'enfant ne parle ni ne comprend, c'est aux parents de prendre une décision.

Patrick Vivet (président de l'AGSMR) : Est-ce que l'objectif à long terme est de faire disparaître la surdité de la société ?

Mon objectif est de donner à l'enfant le maximum de chances pour qu'il puisse s'insérer dans la société et avoir une vie heureuse, Il faut savoir que lorsque les parents se présentent pour faire poser un implant, nous avons l'obligation de répondre à leur demande.

Pour vous la surdité est une maladie?

Pas une maladie, mais un handicap. Je trouve merveilleux que vous ne vous considériez pas comme handicapés ! Quand un enfant naît avec une surdité, personne ne peut nier qu'il est handicapé. 11 faut le rééduquer, avec la LSF ou
l'implant. Je ne suis pas sûr que vous ayez une bonne représentation des implantés. Il s'agit d'un choix différent de rééducation. Nous avons une technique rigoureuse pour savoir qui on implante ou pas. Aujourd'hui, il y a des enfants qui ont 20 ans. que j'ai opérés il y a 15 ans. Ils ont fait des études, sont mariés, ont des enfants, ils n'ont pas l'air malheureux.
Erwan Cirfa : Pourtant certains se disent victimes car ils ont un suivi toute leur vie. Il ne peuvent pas oublier, on surveille leur façon de parler, c'est un sur-handicap.

C'est une façon de voir. Je pense que les enfants implantés se co
nsidèrent comme non handicapés, comme vous.

Une dernière question : si j'avais un enfant entendant et que je vous d
emande de le rendre sourd, le feriez-vous ?
(Rire) Non je n'en ai pas le droit. J'irais en prison et vous aussi.

* En présence des interprètes de l'association Source : Presse locale -24/05/2007 à Montpellier (France)


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Témoignages d'opérés de L'IC
Découvrez des témoignages sur ce site : http://www.implant-cochleaire.com/temoignages


en voici un exemple ...Témoignage de Joëlle, implantée à Rouen le 12 décembre 2005

Je m’appelle Joëlle , j’ai 56 ans , j’habite à Rouen, je suis attachée juridique, j’ai un fils de 33 ans et deux petits enfants et j’ai découvert que j’entendais mal à l’âge de 33 ans en sortant d’une pièce de théâtre après avoir constaté que j étais la seule du groupe à penser que les comédiens ne parlaient pas assez fort et que je n’avais pas bien entendu certains acteurs !!! mes amis m’ont vivement conseillé de consulter un ORL . j’ai effectivement passé très vite un audiogramme et j’ai appris que j’avais perdu beaucoup d’audition à droite en revanche, à gauche l’audition était normale !! j’ai donc eu très vite un contour auditif pour corriger cette baisse auditive à droite . Pendant les 10 années suivantes l’audition de cette oreille à continuer à baisser doucement mais continuellement et j’avais beaucoup de sifflements et aussi l’impression de ressentir un espèce d’engourdissement derrière l’oreille droite, c’était très bizarre et je ne savais pas trop expliquer ce symptôme. Je souffrais aussi de vertiges qui duraient plusieurs jours et j’étais calmée grâce aux piqûres de Tanganil et du Serc.
Je continuais à travailler sans que personne ne devine que j’avais un souci auditif et je n’étais que moyennement gênée jusqu’à mes 40 ans .Je cachais d’ailleurs à tout le monde ce handicap .Par ailleurs, j’étais soignée aussi pour une maladie de Crohn qui s’était déclarée alors que j’avais 27 ans et je prenais huit comprimés par jour en traitement continu et cela pendant 8 ans ! il y a donc suspicion que ce traitement ait été toxique pour mon audition mais cela reste à prouver ?
Lorsque j’ai atteint mes 40 ans, l’audition de mon oreille gauche à commencer aussi à flancher doucement et il a fallu envisager de mettre un contour auditif aussi de ce côté . d’autant que l’audition à droite continuait à baisser sévèrement. Je suis restée avec mes deux contours auditifs jusqu’à mes 54 ans en cachant ma surdité au sein de mon activité professionnelle car je tenais à mon poste et je craignais qu’on me déplace ce qui m’aurait perturbée et démotivée .
En 2004, j’ai fait une rechute de ma maladie de Crohn et il a fallu redémarrer un traitement lourd c’est alors que le CHU de Rouen m’a proposé l’implant cochléaire à l’oreille droite qui était très atteinte en prévision d’une aggravation de cette surdité du fait de ce nouveau traitement qui pouvait générer une baisse de mon audition également à gauche et risquais donc de devenir sourde profonde bilatérale . La décision du service ORL du CHU de ROUEN fut donc d’implanter l’oreille droite dont l’audition ne me permettait plus une compréhension des mots mais seulement des sons alors que je me mon audition à gauche avec l’aca restait satisfaisante J’ai su que c’était assez nouveau au CHU de Rouen d’implanter quelqu’un qui n’était pas totalement sourd et j’en ai été extrêmement reconnaissante ! Mon dossier a été présenté en Commission ( il y a une liste d’attente ) et j’ai obtenu un avis favorable compte tenu des traitements pour soigner ma maladie de Crohn qui risquaient d’aggraver ma surdité bilatérale , il a été tenu compte aussi de mon âge ( 54 ans ) et de mon métier que je voulais à tout prix pouvoir continuer d’exercer Il a ainsi été décidé de m’implanter le 12 décembre 2005 de l’oreille droite qui était très atteinte.
Je suis entrée au CHU le 11 décembre 2005 au soir à l’hôpital , pas trop rassurée mais confiante , le chirurgien m’avait tout expliqué et les ORL avaient été rassurants et un psy m’avait suivie depuis deux mois .J’ai été endormie vers 10 h le matin et je me suis réveillée la tête bandée très très serrée !!! Dès mon réveil ; on m’a mis mon aca à gauche comme je l’avais demandé , afin d’entendre et de ne pas paniquer , j’ai eu des comprimés contre la douleur à prendre toutes les quatre heures pendant plusieurs jours ( j’ai dû en prendre 10 jours ) , mais aucun vertige aucun vomissement, le lendemain je suis allée seule à la douche sans mouiller la tête bien sûr !! tout s’est donc très bien passé et on ne m’a gardé que 3 jours, c’est un peu court car j’étais faible , mais il y avait un manque de lits et comme je me remettais bien je suis rentrée chez moi pour le plus grand bonheur de mes proches qui m’ont bien chouchoutée . Je suis retournée au CHU deux jours après , le chirurgien m’a refait mon pansement et m’a permis de me laver les cheveux le 24 décembre au soir ! Je suis retournée au CHU le 3 janvier 2006 pour le premier essai de mon processeur AURIA de chez BIONICS , ce fut un grand moment, j’entendais un petit martien qui me disait <<>> et j’entendais un petit canard qui disait <<>> et ce petit canard c’était ma voix !!! moments inoubliables avec fou rire de toute l’équipe et quelques larmes quand on m’a dit que tout fonctionnait bien !!
Le second réglage 15 jours plus tard après la fin de cicatrisation m’a laissé émerveillée et j’ai pleuré car entendre aussi bien de l’oreille droite c’était comme un miracle ! car mon oreille droite m’avait laissé tomber chaque jour un peu plus depuis mes 33 ans ne laissant passer avant l’implant que les bruits forts mais plus du tout la compréhension de la parole ! cette oreille récupérée c’était un énorme cadeau de la médecine !! Ma rééducation s’est effectuée sur 4 mois avec deux orthophonistes différents c’était des moments de joie avec deux personnes très généreuses avec lesquelles je reste en contact . Pendant les séances , bien sûr je coupais l’aca de mon oreille gauche pour bien rééduquer l’oreille implantée mais c’était forcément plus facile pour les orthophonistes car mon oreille gauche reste bien corrigée . Je n’ai pas vraiment redécouvert de sons mais je les entends bien maintenant mais c’est vraiment au niveau de la conversation que l’amélioration a été énorme ainsi que pour la télé, la radio, les paroles des chansons aussi , la différence de compréhension est gigantesque.
Il faut que vous sachiez que j’avais toujours caché ma surdité même quand j’ai porté deux contours auditifs j’ai fait des efforts démesurés , j’ai bossé comme une malade , je me suis dépassée et surpassée et surtout je me suis épuisée ! Le psychologue qui m’a suivie pour l’implant m’a dit que je m’étais mise en situation de grande souffrance morale mais qu’en même temps, ce dépassement de moi même m’avait forcément rendue plus forte ! Je dis sincèrement que je refusais mon handicap , je voulais être comme tout le monde ; je voulais garder mon travail, je ne voulais pas des regards apitoyés, je ne voulais pas que mes collègues disent <<>> . Pour ma défense, il faut que je vous dise que ma mère , lorsque je lui avais annoncé que j’allais avoir mon premier appareil auditif m’avait dit <<>> !!! et ces mots là , ils sont définitivement gravés !! je pense que cette honte d’être sourde c’est beaucoup à ma mère que je la dois !!Par ailleurs mon mari est décédé lorsque j’avais 35 ans et je ne voulais pas mettre ma carrière professionnelle en danger sachant qu’au travail, on ne nous fait pas de cadeaux !! ou tu es apte ou bien tu ne l’es pas et si tu ne l’es pas , tu es vite au placard !!
Pourtant , dans certaines circonstances ça devenait dur de jouer celle qui entendait bien , de faire celle qui est tellement plongée dans son boulot qu’elle ne relevait pas la tête quand on l’appelait , de faire celle qui était souvent dans la lune , donc qui n’avait pas réagi au bruit !! je m’isolais , je m’épuisais , je ne me rendais plus au restaurant d’entreprise , trop de bruit , trop peur que quelqu’un me parle et qu’il se rende compte que je n’entendais pas bien. En revanche, dès que le CHU a pris la décision de m’implanter , j’ai ressenti une véritable libération et à partir de ce moment là, je disais à tout le monde que j’allais être opérée de l’oreille droite car elle ne fonctionnait plus ! Mon comportement a très vite changé , j’osais dire plus souvent que je n’avais pas entendu ou que je n’avais pas compris , c’était un soulagement ! j’avais dépassé ma honte d’être sourde ! et ça c’était quelque chose !!!il faut que je dise aussi que le psychothérapeute qui m’a suivie pendant 4 mois , m’a aidée à ne plus avoir honte de ma surdité , il a été génial avec moi et son aide à porter sur plein d’autres points délicats relevant de l’enfance . son aide a été considérable !
Quand j’ai repris mon travail , d’abord à mi-temps thérapeutique ( 4 mois ) , j’ai été émerveillée de découvrir à quel point il est agréable de converser en toute quiétude avec les autres ainsi qu’au téléphone ( j’ai un téléphone Beocom de Bang et Olufsen ) qui n’est plus commercialisé et c’est dommage car pour les déficients auditifs , il est super !, Ensuite, lorsque je suis retournée défendre mes dossiers dans les tribunaux mon implant a fait des merveilles , j’ai été soulagée de bien entendre, je n’étais plus obligée de connaître mes dossiers par cœur pour palier à ma surdité et du coup j’ai pu retrouver une forme de sérénité ! Je suis retournée régulièrement manger avec mes collègues malgré le bruit à la cantine et quand je ne comprends pas bien , je n’ai plus de gêne à faire répéter les gens !! Je tiens aussi à témoigner que l’aide du CISIC a été très importante pour moi car l’association que j’ai découverte grâce à internet m’a permis de prendre conscience je n’étais plus toute seule car vous m’avez encouragée et rassurée avant mon hospitalisation. J’ai compris que chacun avait eu sa dose de souffrance à cause de la surdité , que certains avaient connu la surdité totale pendant des mois et j’ai découvert que chacun était reconnu par les autres et qu’on pouvait créer un vrai lien d’entraide et vous n’imaginez pas à quel point cela m’a réconforté !
Lorsque je me suis retrouvée la première fois au sein de l’association avec vous tous pour la première fois depuis des années, je me suis sentie comme tout le monde !! c’était la preuve vivante que je devais, non seulement ne pas avoir honte d’être sourde, mais au contraire que je devais être fière de ce combat , de notre combat à tous pour continuer à entendre . à bien entendre !
Sinon, actuellement je fais un réglage tous les quatre mois et ça change assez peu maintenant je n’y trouve peu de différence , il paraît que c’est normal quand le seuil maxi est atteint. J’espère pouvoir conserver encore longtemps mon audition côté gauche grâce à mon aca , car le cumul implant et aca me donne une très bonne compréhension .
Toutefois, si un jour l’audition de mon oreille gauche me laisse tomber à son tour , je sais que grâce à l’implant et grâce à vous tous je serai vraiment plus forte pour y faire face . J’ajoute seulement que l’implant m’a redonné le goût d’aller vers les autres , le goût d’une vie normale, et la chance de vous connaître vous tous les adhérents du CISIC et . j’encourage vraiment les malentendants à se faire implanter en confiance et à nous rejoindre au CISIC . Merci à tout ceux qui dirigent avec tant de cœur cette association , merci pour votre aide, pour vos encouragements reçus avant et après mon implantation cochléaire , merci pour vos conseils et pour votre générosité . Je viendrai vous retrouver aux réunions chaque fois que cela me sera possible et lorsque je cesserai mon activité , j’envisage de vous proposer mon aide au sein du CISIC et notamment en Normandie .

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Ethique et IC
vu sur http://bdrion.over-blog.net/article-4257755-6.html

Entretien publié dans le Journal du Médecin (Belgique) 14/11/2006

La Maison des Sourds organise une semaine de festivités à l’occasion des 110 ans du Cercle de l’Abbé de l’Epée. Responsable d’un pôle hospitalier d’accueil et de soins pour les sourds à Lille, le Dr Benoît Drion a été invité à intervenir en tant qu’orateur lors de la journée d’ouverture. Il s’exprimera sur les thèmes de l’implantation cochléaire, du diagnostic anténatal de surdité et de l’eugénisme privé de sélection.

Le Journal du Médecin : Considérez-vous que toutes ces pratiques que vous allez évoquer compromettent l’avenir de la Langue des Signes et des Sourds ? Si oui, pourquoi ?
Etre sourd, c’est une autre manière d’être au monde, ni plus triste, ni plus gaie que celle d’entendant, simplement différente. Mon parcours m’a fait acquérir la conviction que notre médecine qui focalise exclusivement sur leur déficience, en leur déniant le droit d’être sourds, fait de bon nombre d’entre eux de vrais malades. C’est pourquoi, aujourd’hui, les « avancées médicales » que vous citez les inquiètent au plus haut point. Ils pensent qu’on en veut à la vie de leur communauté.

L’avis des sourds est-il pris en compte quand on débat de ces sujets là ? Y a-t-il réellement débat ?
Non et c’est là tout le problème. La parole des sourds adultes, qui ne fréquentent plus les cabinets d’ORL depuis longtemps et qui savent à quel point la surdité fonde leur identité, n’arrive pas aux oreilles des médecins. Les « experts en surdité » appelés sont les chirurgiens de l’oreille ! Comme auparavant, lorsqu’elle était considérée comme une maladie, les « experts en homosexualité » étaient les neuropsychiatres ! Les logiques médicale et culturelle que j’évoquais, évoluent parallèlement, sans se rencontrer. Ce qui conduit les promoteurs de la première à utiliser tous les moyens, pour éliminer ceux qui défendent la seconde.

Il n’est à ma connaissance pas d’autre exemple d’une communauté humaine à ce point en danger du fait des soins qu’on veut lui apporter. Il est d’une extrême violence pour les sourds de s’entendre dire qu’on voudrait empêcher la venue au monde d’enfants comme eux. Souvenons-nous aussi que dans un passé pas si lointain, les sourds ont subi des persécutions semblables aux homosexuels, exportés dans des camps et stérilisés.

Que pensez-vous du dépistage néonatal de la surdité proposé en Communauté Française depuis 2005 ? Ne permet-il pas d’éclairer les cliniciens et les familles quant à l’opportunité de poser un implant cochléaire ?
Le dépistage doit être efficace en terme de sensibilité et de spécificité. Hors, on a rarement vu un test de dépistage aussi peu spécifique, puisque dans les modalités envisagées, il donne près de neuf faux positifs sur dix ! Avec des répercussions parfois catastrophiques en terme psychique pour des parents à qui on annonce ce résultat aux premiers instants de la vie de leur enfant et qui devront attendre plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, pour qu’une confirmation diagnostique soit apportée.

Autre critère encore, il faut qu’un traitement existe… Pour les chirurgiens, la cause est entendue, le traitement, c’est l’implant cochléaire. C’est ce que la Ministre Fonck décrit comme la « filière de soins ». Hors, les problèmes éthiques que pose cette pratique maintenant systématique, sont loin d’être résolus et de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui, qui appartiennent à des horizons très différents pour crier « casse cou ».

Un autre critère stipule que le dépistage doit nécessairement être accepté par la population à dépister, ce qui n’est absolument pas le cas, puisque la plupart des sourds s’opposent à cette « filière de soins ». Les conditions dans lesquelles ce dépistage est organisé, me semblent hautement discutables. Plus encore, c’est la filière de soins qui mène irrémédiablement à l’implant cochléaire, qui est inquiétante. Le Groupe Européen d’Ethique des Sciences et des Nouvelles Technologie formule d’ailleurs de sérieuses réserves au sujet des implants cochléaires

Avis du Groupe Européen d’Ethique des Sciences et des Nouvelles Technologies auprès de la Commission Européenne de mars 2005 me semble intéressant. « Un exemple particulier, qui remet en cause l’opinion selon laquelle il existe une norme générale d’évaluation des capacités fonctionnelles de l’être humain, est celui des implants cochléaires chez les enfants sourds. Les efforts déployés pour promouvoir cette technologie posent des questions éthiques quant à son impact sur le porteur de l’implant et sur la communauté des sourds (notamment ceux qui communiquent par langue des signes). Ils ignorent le problème de l’intégration sociale du porteur de l’implant dans cette communauté et ne prêtent pas une attention suffisante aux incidences psychologiques, linguistiques et sociologiques. Avant toute chose, il promeuvent une vision particulière de la « normalité ».

Un livre fait le point sur ces problèmes éthiques :
http://www.passiondulivre.com/livre-29831-ethique-et-implant-cochleaire-que-faut-il-reparer.htm

Et le dépistage prénatal ou préimplantatoire, qu’en pensez-vous ?
Il est de notre rôle à nous médecins sensibilisés de tenter d’informer du mieux que nous le pouvons nos collègues, simplement sur l’existence de ce groupe humain. Malgré toutes les craintes qui s’expriment, je suis persuadé que leur communauté continuera d’exister. Car les sourds sont à l’origine d’une des plus fabuleuses création du génie humain : les langues des signes ! La médecine ne peut rien contre cette force irrépressible qui pousse les humains à entrer en relation avec leurs semblables et à tisser le lien social. Et la langue des signes est celle du lien social. C’est vers elle, que passé l’adolescence, le plupart des sourds se tournent. Pour terminer ce propos de manière caricaturale, à ceux qui disent « dans notre société, il est plus facile d’être entendant que d’être sourd », je répondrais « dans notre société, il est plus facile d’être blanc que d’être noir ». Est-ce pour cela qu’il faut éliminer tous les noirs ?

Ce qu’il est convenu d’appeler l’ « eugénisme privé de sélection », m’apparaît comme l’étape ultime qui s’inscrit dans la même logique. Les sourds n’ont plus le droit d’exister. Lorsque nous nous adressons à eux, dorénavant, faudra-t-il leur dire : « aujourd’hui, il serait légitime de vous empêcher de naître » ? Est-ce vers cela qu’on tend, lorsque dans son avis n°33, le Comité Consultatif de Bioéthique écrit que « le dépistage prénatal ou préimplantatoire est recevable en principe moyennant l’application de certaines normes ayant trait à la gravité de la maladie (ou anomalie), au consentement éclairé des parents et à l’encadrement adéquat en matière de conseil et de suivi » ? Comme je l’ai dit auparavant, la surdité semble bien pour la médecine une maladie grave, sinon on ne pourrait pas autoriser son dépistage néonatal. On peut émettre des doutes sur l’objectivité de l’éclairage apporté à des parents, lorsque la seule issue proposée consiste en l’implantation d’une électrode dans la cochlée. L’étape ultérieure sera-t-elle d’autoriser l’élimination d’embryons porteurs d’un des gênes de la surdité ? Le Comité précise que « la réflexion éthique que posent ces techniques sera développée dans un avis distinct ». Puisse-t-il entendre les sourds !

L’OMS édicte qu’un dépistage néonatal n’est admissible que s’il respecte les critères dits de Wilson et Jungner. Hors, selon la logique dans laquelle on se situe, jusqu’à sept sur dix de ces critères ne me semblent pas respectés en ce qui concerne la surdité. Le premier d’entre eux est que l’affection visée doit être un problème majeur de santé publique. Ce que j’ai évoqué avant rend évidemment cela très relatif.

La conférence dans laquelle vous intervenez s’intitule « le futur des sourds a-t-il un avenir ? ». Que pouvez-vous répondre à cette question ?
Dr Benoît Drion : Depuis plus d’un siècle, deux logiques s’opposent en ce qui concerne les modalités (ré)éducatives à proposer aux enfants sourds. D’un côté, une vison médicale, qui les considère comme des déficients auditifs à soigner. Et de l’autre, bon nombre des sourds qui se disent appartenir à une minorité culturelle et linguistique. Leur communauté enrichit effectivement l’humanité des langues signées. C’est le génie adaptatif des sourds qui les a fait émerger, partout où ils se rencontraient pour faire ce que font tous les humains : parler, discuter entre eux. Depuis, les linguistes nous ont montré que les cerveaux de ces êtres, dits déficients, étaient à l’origine de véritables langues !

Propos recueillis par Luc Ruidant

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L'enfant implanté restera toujours une personne sourde
vu sur http://sentendre.blogspot.com/2007/01/lenfant-implant-restera-toujours-une.html

Témoignage de Charlotte, jeune fille de 17 ans implantée à l’âge de 10 ans :

Je me considère toujours comme sourde. La surdité fait toujours partie de ma personnalité, de ma vie. Le monde des sourds, en quelque sorte, c’est comme une seconde famille pour moi. Pour rien au monde, je n’aurai laissé tomber tout ça ! La surdité m’a permis de me construire et de vivre malgré les obstacles que je rencontre parfois. Parfois, je me dis que c’est un cadeau qu’on m’a offert dès la naissance. Il n’y a pas que les inconvénients, il y a aussi les avantages. (…) Bref, l’implant, ça restera toujours un débat car il y aura toujours des pour et des contre mais il ne faut pas sous-estimer ou négliger le langage de signes, le monde des sourds, toutes ses richesses et pour finir, être informé sur le sujet et bien y réfléchir. Ceci est indispensable pour la construction de l’identité pour l’enfant. Lire le témoignage dans son intégralité

Dans ces témoignages, j’ai toujours dit la même chose : je ne parle pas « parfaitement », même si je fais des progrès et que je me débrouille de mieux en mieux. Même implantée, je ne serai jamais entendante… je resterai toujours sourde. La surdité occupe une grande partie de ma vie, j’attache une grande importance à mes amis sourds, je n’abandonne pas la langue des signes, ni la culture des sourds, le monde de la surdité et encore plein d’autres choses… Lire le témoignage dans son intégralité

Témoignage de Audrey, jeune fille de 19 ans implantée à l’âge de 7 ans :

Pour répondre à Marie-Florence, je suis d'accord avec toi qu'il faut s'occuper de la communauté sourde, mais POURQUOI tout le monde pense que implant=oralisme, et abandon de la culture sourde ? Y a des sourds qui ont des prothèses et qui entendent super bien, qui se débrouillent super bien avec les entendants, et qui sont complètement oralisés, et on n'en parle jamais ! Pourtant ils sont beaucoup! et d'autres super impliqués dans les sourds, et on ne leur reproche jamais rien, alors pourquoi tout le monde est contre l'implant ??? Alors il faudrait aussi supprimer les prothèses car elles visent aussi une meilleure intégration dans le monde des entendants, c'est aussi une "solution" à la surdité, alors pourquoi on s'acharne sur l'implant ????? Y a aussi des gens implantés qui parlent mal, c’est pas une solution miracle!

Le VRAI problème, aussi bien pour les prothèses que pour l'implant c'est qu'il faut promouvoir l'apprentissage de la langue des signes, et la culture des sourds, etc., que l'enfant ne perde pas de vue l'autre monde... Et dire aux parents qu'ils n’espèrent surtout pas que leur enfant deviendra entendant avec l'implant, leur faire prendre conscience que leur enfant EST et restera toujours SOURD. Et surtout s'occuper de la communauté sourde, de l'enseignement dans les écoles pour sourds notamment.

Qui porte vraiment l'essence de la langue des signes? Ce sont les enfants de parents sourds, et ils sont MINORITAIRES... Lire le témoignage dans son intégralité


samedi 5 janvier 2008

Encore des femmes, cette fois ci des MISS, ou presque ....

Sophie Vouzelaud

Sophie Vouzelaud (née le 21 juin 1987 à saint junien) est élue 1re dauphine à l'élection de Miss France 2007.

Sophie Vouzelaud est la première femme malentendante à participer à une finale de l'élection Miss France. Elle utilise la langue des signes et lit sur les lèvres ; elle a toutefois tenu à s'exprimer de manière orale lors de la finale du concours Miss France. En 2006, elle prépare un bac professionnel dans la spécialité « comptabilité ».

Sophie Vouzelaud n'a pas été élue Miss France car il lui manquait seulement un vote du jury ; elle devance pourtant la Miss France Rachel Legrain-Trapani au niveau des votes téléphoniques et sms. Elle apporte son soutien en Avril 2007 à une initiative régionale, en effet elle fera la une du premier magazine féminin régionale SO Glam, magazine tendance et de proximité de la région Limousin !

En juin, Rachel Legrain-Trapani a annoncé qu'elle laissait Sophie représenter la France à Miss Monde en tant que première dauphine. Mais quelques jours plus tard, le comité miss Monde a annoncé qu'il refusait la candidature de Sophie car seules les personnes au titre de miss peuvent concourir.

Sophie représente la France au concours Miss Internationnal.

des émissions, des vidéos ...


- L'émission L'oeil et la main
La réalisatrice Kevin Morris a suivi le parcours qui a mené Sophie Vouzelaud jusqu'à la soirée du 9 décembre 2006, au Futuroscope de Poitiers, où elle a été élue première dauphine de Miss France. Retour sur les répétitions qui précédèrent l'élection. Même si la chorégraphe a bien compris qu'il fallait aménager des adaptations pour que Sophie puisse exécuter les déplacements en musique, on assiste aux efforts que cette dernière fournit en tentant de se caler sur les autres jeunes femmes, qui ne sont pas non plus à l'abri d'une erreur…
Elle nous fait part de la fatigue engendrée par la concentration que lui demandent ces répétitions, pour lesquelles elle ne bénéficie pas de la présence d'un interprète. Mais elle compte sur le comité Miss France pour en prévoir un lors de la soirée de l'élection, car elle a l'intention de parler mais aussi de s'exprimer en langue des signes.
Quelques temps après l'élection, en compagnie de ses amis sourds de la Maison des sourds de la Haute-Vienne et également chez elle, auprès de ses parents, Sophie Vouzelaud commente les images de la soirée qui fit d'elle une "sourde au pays des Miss". En plus de la tension et de l'émotion qui croît tout au long de la soirée, elle s'est retrouvée malgré elle dans une situation délicate à gérer : d'une part, on lui fait savoir qu'elle ne pourra pas s'exprimer à l'oral et, alors qu'elle prend le parti de signer, la personne prévue pour la traduire se révèle dans l'incapacité de la comprendre. Jean-Pierre Foucault s'improvise alors interprète et Sophie prend le micro pour délivrer son message.

Au-delà du titre de première dauphine et de la célébrité qui l'accompagne, la jeune femme doit porter tous les espoirs de ceux qui l'entourent : ceux de la communauté des sourds, qui voit en elle un symbole de leur capacité à parvenir à la réussite tout en pratiquant leur langue ; ceux de ses parents, fiers de sa victoire et de ses capacités à parler, mais également ceux des habitants de sa petite ville, Saint-Junien, dont elle est devenue une personnalité.
Vidéo Source : http://www.france5.fr/oeil-et-main/archives/28964421-fr.php

- Le 8 mars, Sophie Vouzelaud a été invité sur le plateau télévisé " Le Grand Journal" de Canal Plus. avec Ségolène Royal en rédactrice en chef à la place de Denisot l’animateur de canal+, une soirée exceptionnelle. Les sujets ont été abordés : le problème de sous-titrage surtout dans la campagne électorale et l’intégration des enfants sourds en classe à l’école en milieu ordinaire.
Vidéo Source : http://sourds.ouest.free.fr/D173.htm

- Le 12 décembre, Sophie Vouzelaud a été invité sur Canal + avec Luc Besson
Vidéo Source : http://www.sophievouzelaud.fr/revue_p2.html

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Retrouvez sur son site officiel tous les reportages, vidéos, articles, photos ...

http://www.sophievouzelaud.com


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Dans son numéro 2434, l’hebdo télé "Télé 7 jours" propose une interview de Sophie Vouzelaud, première dauphine de Miss France et malentendante. Voici l’interview complète et un résumé des encadrés des 3 pages consacrées au sujet.

Comment votre titre de 1re dauphine a-t-il été accueilli parmi les sourds ?
Ils se sentent fiers et comptent sur mon titre pour améliorer leur vie au quotidien. Les sourds veulent avoir les mêmes droits que les autres, en matière d’accessibilité à la culture, notamment la télé et le cinéma. C’est ce que j’ai « signé » à six reprises aux téléspectateurs le soir de l’élection, mais la jeune femme qui faisait office d’interprète - une salariée du Futuroscope - a paniqué et n’a pas réussi à traduire mes propos. Les sourds de France étaient furieux, pas après elle, la pauvre n’y est pour rien, mais après TF1 et la production qui n’ont même pas engagé une véritable interprète.

D’autant que la prod avait choisi de ne pas vous faire parler pour des raisons « techniques »...

Je ne comprends pas pourquoi... J’étais tellement révoltée d’être réduite au silence que j’avais envie de hurler. Finalement, cette histoire m’a servi puisque je me suis emparée du micro pour montrer que j’étais capable de parler. Je suis sourde, pas muette ! À cet instant, les votes des téléspectateurs en ma faveur ont - paraît-il - explosé !

En quoi la télé n’est-elle pas faite pour les sourds ?
Malgré la loi du 11 février 2005 (NDLR : qui vise à assurer l’accès des personnes handicapées aux droits reconnus à tous les citoyens), trop d’émissions restent inaccessibles aux sourds et malentendants. Nos choix de programmes sont vraiment restreints. Nous sommes les oubliés du PAF.

Que souhaitez-vous ?
Que les chaînes n’attendent pas 2010 pour sous-titrer leurs programmes, car nous commençons à nous impatienter ! Et puis que tous les journaux d’information soient à la fois sous-titrés et traduits en langue des signes pour une compréhension à 100 %. Les sous-titrages seuls ne sont pas toujours très clairs, car souvent bâclés.

La démarche coûte très cher...
Peut-être, mais les chaînes doivent comprendre que l’accessibilité à la culture et à l’info pour tous est plus importante que l’argent ! Surtout en cette période de campagne électorale. Nous sommes des citoyens comme les autres et nous voudrions pouvoir suivre les débats télévisés. Savez-vous que beaucoup de sourds votent pour le candidat qu’ils comprennent ? Certains voteront Sarkozy parce que ses discours sont souvent sous-titrés, d’autres Le Pen parce qu’il articule bien.

Et le cinéma ?
Dans les grandes villes, nous ne pouvons regarder que les films étrangers en version sous-titrée. À Limoges, on est obligé d’attendre la sortie en DVD. Par conséquent, nous sommes toujours en retard sur les autres, et ça me rend malade ! De plus, les DVD français n’ont souvent pas de sous-titrage. Du coup, il y a beaucoup de films que les sourds n’ont pas le droit de voir.

Vous avez la chance de lire sur les lèvres et d’oraliser. Comment avez-vous appris à communiquer avec les entendants ?
Quand maman a su que j’étais sourde, elle a rejeté la langue des signes. Elle voulait à tout prix que je parle. Ma famille et moi avons donc appris le LPC (Langage parlé complété) avec Valérie, mon orthophoniste. Mes parents ont alors estimé que mon élocution était suffisamment claire pour que je poursuive une scolarité normale. Je ne comprenais pas toujours tout. J’avais, en plus, 3 à 4 heures de soutien par semaine avec un professeur spécialisé. C’était très difficile et fatigant. Surtout au lycée. Après avoir encaissé les réflexions discriminatoires de mon prof de comptabilité, j’ai décidé de passer mon bac professionnel par correspondance.

Comment voyez-vous l’avenir ?
J’aimerais devenir mannequin !

Depuis un an et demi, vous avez un petit ami, Davy, prof de langue des signes. Vous voyez-vous mère un jour ?
Bien sûr, mais pas maintenant.

Et si votre enfant naît sourd ?
Aucun problème. Du moment qu’il est heureux !


La réponse des chaînes

France 2 : "nous souhaitons diversifier au maximum les émissions sous-titrées afin que chacun puisse trouver des programmes qui lui correspondent".
TF1 : "en 2001, nous avons mis en place une méthode de sous-titrage. La technique était assez satisfaisante, mais nous avions du mal à sous-titrer convenablement les actualités de dernière minute. Alors nous avons préféré reporter le projet" (Eric Jaouen, directeur de la diffusion chez TF1)
M6 : "nous n’avons ni les moyens de TF1, ni l’aide gouvernementale de France Télévisions, mais nous faisons de notre mieux. Conformément à la demande du gouvernement et du CSA, nous sous-titrerons la plupart de nos programmes d’ici à 2010".

L’exemple américain

Aux Etats-Unis, la loi sur le sous-titrage date de 1990. Aujourd’hui presque tout est sous-titré et les chaînes sponsorisent même les sous-titres. En Europe, la BBC (service public anglais) sous-titre 95% de ses programmes "avec une qualité proche de la perfection" d’après Jérémie Boroy, président de l’Unisda.

Télévision pour tous : objectif 2010

2 ans après l’adoption de la loi qui fait que d’ici 2010, tous les programmes devront être accessibles, où on est-on ? Jérémie Boroy dresse un bilan contrasté : "si les chaînes ont fait des efforts, on sent qu’elles vivent cette loi comme une contrainte et qu’elles manquent d’enthousiasme". "Seuls 30% des programmes sont sous-titrés". France Télévisions sous-titre la moitié de ses grilles dont le 13h et le 20h alors que M6 ne sous-titre que 10%, principalement des séries américaines. "C’est encore peu. Mais quand M6 a commencé le sous-titrage, nous avons eu l’impression de découvrir une nouvelle chaîne". TF1 et ses 30% de sous-titrage est frileuse. Le journal n’est pas sous-titré car la chaîne ne met pas les moyens pour faire mieux que France 2. "En période électorale, ce manque d’infos se fait cruellement ressentir. Nous sommes des électeurs et nos votes seront comptabilisés comme les autres. Mais, pour le moment, nous ne pouvons pas suivre les débats politiques".

Chaîne sous-titrée : la tentative ratée

En novembre 2001, TVST "la télévision sous-titrée" est lancée sur le câble avec un budget de 2,3 millions d’euros. Mais au bout de 4 mois, la chaîne disparait. Inévitable pour Jérémie Boroy. "La programmes diffusés sur TVST étaient des rediffusions de ce qu’on avait pu voir sur le hertzien plusieurs semaines auparavant". Inconcevable dans le cadre d’une offre payante.

Quelques repères

entre 5 et 6 millions de sourds en France (dont moins de la moitié sourds de naissance) d’après le ministère de la santé
pour sous-titrer la totalité de ses programmes, chaque chaîne devra dépenser 7,2 millions d’euros par an
la minute de sous-titrage coûte 15 euros environ
il faut 25 heures pour sous-titrer une heure de programmes
pour accéder au sous-titrage, appuyez sur la touche télétexte puis entrez 888

Dossier réalisé par Julien Lamury (encadrés) et Audrey Mouge (interview) pour Télé 7 jours numéro 2434.

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Heather Whitestone Miss America 1995


sa bio en anglais : http://en.wikipedia.org/wiki/Heather_Whitestone
son site : www.heatherwhitestone.com



vendredi 4 janvier 2008

Kilina Cremona , Brenda Costa deux femmes hors du commun.

Kilina Cremona

Danseuse‑interprète et chorégraphe, elle a été formée à la danse contemporaine en France par Karin Waehner et aux États‑Unis par Martha Graham, Merce Cunningham, Meredith Monk, José Limon... Elle a créé plus d'une trentaine de pièces chorégraphiques en France (Beaubourg, La Villette, Festival Montpellier Danse, ...) et dans de nombreux pays.

Elle a remporté plusieurs prix en France et à l'ét
ranger notamment avec sa création, Loup Bleu, présentée à la Biennale de la danse à Lyon en 2000. Devenue malentendante en 2000, ce handicap bouleverse son rapport au monde et decide de l'intégrer dans sa démarche artistique et pédagogique.

C'est ainsi qu'elle revient à Lyon pour y fonder un centre de formation de danse contemporaine, pouvant accueillir des malentendants et entendants ainsi que des danseurs étrangers. Ayant déjà travaillée avec des personnes sourdes et malentendantes, elle construit un langage du corps en insistant sur le mouvement et l'intelligence du corps.

Elle a appris à enseigner sans mots. Sa danse ne s'appuie pas fondamentalement sur la musique. Selon elle, le mouvement dans la danse crée sa propre musique, faite du rythme et de la respiration du danseur ainsi que des bruits qu'il peut générer en se déplaçant.

Pour elle, les sourds peuvent danser puisqu'ils peuvent se mouvoir, respirer et adapter leur respiration et leur rythme aux mouvements. (...)

vu sur http://www.on-line-dance.tv/kilina_cremona.htm
autres infos : http://www.cnd.fr/formation_professionnelle




Brenda Costa
RÉSUMÉ du livre : Témoignage de Brenda Costa, jeune mannequin brésilien sourde et muette depuis sa naissance, devenue célèbre dans le monde entier. Avec l'aide de ses parents, elle raconte son combat pour continuer à vivre malgré ce handicap, ainsi que sa volonté de devenir mannequin. Récit de cette lutte presque joyeuse, de sa relation sans égal avec sa mère, de sa force de caractère et sa joie de vivre.

ARGUMENTAIRE : Elle n'entend rien mais comprend tout, lisant «couramment» sur les lèvres en portugais (sa langue natale), en anglais et, dans une moindre mesure, en diverses autres langues. N'ayant aucun repère auditif, elle ne s'exprime qu'en sons étranges et rares bribes de phrases... Et malgré cela, la voici, à vingt-deux ans, top model international ! Il est vrai qu'elle est magnifique, mais cela ne suffit pas dans le monde exigeant de la mode. Alors ? Un miracle ? Non : le fruit du courage et de l'obstination.

Il y a d'abord les parents, qui travaillent deux fois plus pour lui offrir les soins d'un orthophoniste réputé, refusant d'enfermer leur fille dans un ghetto pour malentendants. Brenda n'apprendra pas le langage des signes mais celui des bouches qui lui parlent. Elle fréquentera des écoles «classiques», affrontant la cruauté des enfants qui finissent pourtant par l'aimer et la suivre, tant son aptitude au bonheur et sa détermination à faire oublier son handicap se révèlent contagieuses... Plus tard, jeune femme, elle s'appliquera à vivre «comme les autres». Elle aimera et sera aimée, et réalisera son rêve de petite Brésilienne dorée au soleil de Rio - devenir mannequin - au-delà de toute espérance.

Belle du silence : un combat presque jovial, une relation mère-fille sans égal qui est pour beaucoup dans cette réussite, et une leçon d'espoir.

Vu sur http://www.bief.org/



Elle est née à Rio de Janeiro en 1982. Elle aurait pu vivre e vie de « carioca » normale, parcourant les plages d’Ipanema si elle n’était pas venue au monde avec un handicap de taille. En effet la jeune fille est sourde de naissance.

Lorsqu’ils découvrent la surdité de leur fille, les parents de Brenda Costa refusent de l’enfermer dans un ghetto pour malentendants et veulent faire d’elle une personne indépendante. Ils l’envoient chez un orthophoniste réputé. Brenda apprend à lire sur les lèvres en portugais, anglais et se débrouille pour d’autres langues étrangères, mais elle ne connaît pas celle des signes. Pour lui donner une scolarité normale, ses parents l’enverront dans une école classique.

A16 ans, elle est repérée par un agent sur une plage près de Rio. Elle se rend à un casting en compagnie de sa mère, mais le responsable de l’agence refuse de la prendre à cause de son handicap. Effondrée, elle pleure dans les bras de sa mère, quand passe le directeur général de l’agence. Emu par la jeune fille, il décide de lui donner sa chance.

A force de courage et d’obstination, Brenda Costa est devenue un des mannequins les plus recherché de la planète. Elle a fait les couvertures de Vogue ou encore Elle, et des campagnes pour El Corte Ingles. Consécration : elle est depuis quelques temps la nouvelle égérie de Shalimar de Guerlain. Devenue star, Brenda est poursuivie par les paparazzi. On lui prête même une aventure avec le footballeur Ronaldo.

En novembre 2005, Brenda Costa sort une autobiographie, « Belle du silence » où elle raconte son parcours atypique.

Vu sur http://teemix.aufeminin.com/

jeudi 3 janvier 2008

pour une reconnaissance effective de la langue des signes française

Appel pour une reconnaissance effective de la langue des signes française
dans l’espace éducatif des enfants sourds.

Cet appel vise à informer le plus largement possible de la situation faite aux enfants et adolescents sourds qui ne trouvent plus désormais la langue des signes française (LSF) dans les lieux éducatifs qui les accueillent.
Paradoxalement en effet, alors que notre pays vient de reconnaître l’importance de cette langue et que les langues des signes sont posées par la Commission Européenne comme « partie du patrimoine tant linguistique que culturel de l'Europe », l’organisation éducative, dans notre pays, fait le plus souvent entrave à son existence réelle : 1% des enfants sourds scolarisés ont la LSF comme langue d’enseignement. Alors que la loi de février 2005 reconnaît cette langue comme une « langue à part entière » et que le droit réaffirme la possibilité d’être enseigné dans cette langue, les dispositifs éducatifs, dans les maternelles et classes primaires de l’éducation nationale notamment, ne prennent pas acte du texte voté. Dans de nombreuses régions, l'enfant sourd, sous prétexte d'être « intégré », est de fait placé, seul, dans un milieu où n'existent autour de lui que des langues sonores auxquelles il n’a pas accès en raison de ses particularités sensorielles. Dès lors il n’est plus en contact avec cette langue des signes car il est séparé de ceux qui la parlent. N’ayant pas accès aux échanges en langue vocale qui l’environnent, l’enfant sourd n’a pas accès à l’information et à la culture.

Ce principe d’intégration individuelle en milieu dit ordinaire, profondément discriminatoire et contraire à l'esprit de la loi votée en 2005, doit être interrogé dans ses fondements car il n’est pas respectueux des particularités et des différences de ces jeunes sourds.
Cette exclusion de la LSF et de groupes de locuteurs en LSF de l'espace éducatif est aggravée par la tendance de certains milieux à assimiler la surdité à une maladie représentant un problème de santé publique. Il est ainsi proposé aux pouvoirs publics de généraliser un dépistage néonatal (dans les 3 jours après la naissance) en vue de pouvoir recourir aux implants cochléaires présentés comme seuls efficaces pour guérir la supposée maladie. Une expérimentation entamée en 2005 et devant se terminer mi-2007 a déjà été hélas lancée dans six régions de France. Pas plus ici que dans le dépistage réclamé par l’INSERM concernant le dépistage des « troubles de conduites chez l’enfant », l’amalgame et l’analogie ne sauraient valoir scientificité !
Pour ce qui est du dépistage néonatal généralisé, il nous faut préciser que ne se trouvent pas remplis les critères de l'Organisation Mondiale de la Santé prévus pour une telle procédure. Ajouter indûment la surdité à la liste des maladies déjà prévues (hypothyroïdie, mucoviscidose, drépanocytose, phénylcétonurie, hyperplasie congénitale des surrénales) justifiant un dépistage néonatal vise à transformer les Sourds en malades à soigner. De nombreux praticiens de la petite enfance ont justement souligné en quoi les annonces prématurées de surdité allaient poser d'importants problèmes quant aux relations précoces au sein de la famille. En quoi également elles viendraient fragiliser la stabilité émotionnelle future. La fiabilité douteuse des tests (une proportion importante de dépistés « sourd » se sont avérés ne pas l’être !) comme l’absence de réel traitement conduisent à s’interroger sur les raisons de la hâte à rendre opérationnel ce dépistage dit « de masse » en ne respectant pas les critères de l’OMS !

Pour ce qui est de l'implant cochléaire que certains milieux médicaux extrémistes présentent désormais comme obligatoire, le Comité Européen d'Ethique vient tout récemment (mars 2005) d'émettre des réserves qu’il conviendrait de prendre réellement en compte :
«Les efforts déployés pour promouvoir cette technologie (les implants cochléaires) chez les enfants sourds posent des questions éthiques quant à son impact sur le porteur d’implant et sur la communauté des sourds (notamment ceux qui communiquent en langue des signes). Ils ignorent le problème d’intégration sociale du porteur d’implant dans cette communauté et ne prêtent pas une attention suffisante aux incidences psychologiques, linguistiques et sociologiques. Avant toute chose ils promeuvent une vision particulière de la normalité. Du point de vue du CEE la question des implants cochléaires elle-même, l’analyse risques/avantages et le problème d’accès équitable aux soins devraient être encore approfondis».
Cette technique ne saurait être présentée comme un traitement universel de la surdité, permettant l'audition et donnant accès au langage à tous coups! En effet, la très longue rééducation nécessaire après implant ne permet pas une entrée facile dans les langues vocales. De plus, les implants comportent un pourcentage non négligeable d'échecs, qui ne sont reconnus comme tels qu'après deux ans de rééducation! Or la plupart des implantations sont accompagnées d'un discours "médical", interdisant ou déconseillant fortement (ce qui a bien souvent valeur d'interdit pour les parents) la LSF, privant ainsi l'enfant d'une véritable langue, facile d'accès, pendant une longue période, cruciale pour sa construction psychique.

L'argumentation comptable ne prend pas en considération l'ensemble des paramètres intervenant dans ce choix d’orientation des tout jeunes enfants sourds vers une filière de soins par le « remède » oral. Elle ne chiffre pas le caractère pathogène des annonces prématurées et fait comme si, après dépistage et implantation cochléaire, le Sourd allait pouvoir être considéré comme un entendant. Elle minimise le coût des équipements et du personnel qui devra être sans cesse augmenté pour qu'une telle entreprise soit poursuivie. Elle ne tient pas compte non plus des effets négatifs que cette orientation vers le tout sonore va entraîner au niveau des dispositifs d'accueil —qui parviennent encore, tant bien que mal, à maintenir un espace où les langues des signes sont accessibles aux jeunes enfants sourds. Cette entreprise minimise en fait les coûts réels qui devront être engagés, pour faire passer auprès des décideurs soucieux du déficit de la sécurité sociale des mesures dites d’économie mais qui de fait vont aggraver ces déficits ! Ni sur le plan comptable ni sur le plan humain, la mise en place de cette filière de soins, visant de fait à faire disparaître la LSF dans les lieux d’accueil, ne nous paraît justifiée !

Nous ne sommes pas opposés aux progrès médicaux, mais nous pensons que ceux-ci doivent rester au service de l'être humain et non l'inverse.
Nous pensons nécessaire de saisir toutes les instances habilitées à se prononcer sur cette situation ainsi que les divers médias et réseaux d'information afin de faire connaître les impasses et désastres éducatifs et humains qu'une telle organisation- interdisant de fait la langue des signes- produit actuellement même.
Alors que tous les travaux, notamment linguistiques, sociologiques et psychologiques, ont très largement démontré la nécessité pour l’enfant d’accéder le plus tôt possible à cette langue, la situation effective œuvre exactement à rebours. Alors qu'il a été très largement démontré combien la pratique précoce de la langue des signes aide et nourrit la curiosité exploratoire à aller vers d'autres formes langagières orales ou écrites, nous assistons à une mise en œuvre de sa disparition effective.
Nous ne pouvons pas nous taire devant une telle situation. Ceci concerne le processus d’humanisation, de socialisation et nous interpelle tous sur ce qui se passe dans de tels dispositifs.

Nous en appelons aux législateurs et responsables divers, aux associations et organismes, aux professionnels, à tous ceux qui, sensibles et respectueux des différences et particularités, souhaitent que soient mises en place d'autres formes de dispositifs authentiquement intégratifs.
Il est en effet de toute première urgence que nous allions vers une intégration de la langue des signes française pour véritablement intégrer les enfants sourds. A cet effet, la dimension du groupe des locuteurs signants mérite d'être respectée et prise en compte ainsi que l'ont déjà compris d'autres pays. En intégrant le groupe nous construisons effectivement une intégration de la différence et non pas comme actuellement du déficit ! Pour que les enfants entendants puissent eux aussi apprendre cette langue, il est de toute première importance en effet qu'elle soit vivante et donc parlée par plusieurs locuteurs signants. Ainsi peut advenir un nouveau regard sur ceux qui parlent autrement et qui par leurs différences langagières enrichissent ceux qui les rencontrent.

Professionnels, parents, citoyens, tous concernés diversement par une telle situation :

Nous en appelons à un droit à penser un véritable accueil de la différence langagière, à construire un réel bilinguisme au sein des dispositifs éducatifs de notre pays.

Nous nous élevons contre une tentative infondée et injustifiée d’assimilation de la surdité à une maladie et des Sourds à des malades à soigner par des techniques qui posent ce jour d’importants problèmes dénoncés notamment par le Comite d’Ethique Européen.

Nous refusons la situation actuelle qui prive l'enfant sourd de la langue des signes vers laquelle il est attiré très précocement, langue qui lui est nécessaire pour prendre parole, aller vers d’autres univers langagiers et s'instruire ainsi que tous les autres enfants.

Nous souhaitons que d'autres formes de dispositifs intégratifs (notamment de groupe) permettant véritablement l'existence réelle de la langue des signes française dans l'environnement éducatif des enfants sourds puissent se mettre en place.

Nous informerons le plus largement possible les responsables politiques et tous les citoyens sur l'importance de ce problème, sur ses conséquences et sur les conditions minimales requises pour que la LSF ne disparaisse pas des circuits éducatifs de notre pays.

pour signer c'est ici : http://appel.lsf.free.fr/

mercredi 2 janvier 2008

La nuit des signes


Performance spectacle pour deux danseurs (break, hip hop), deux comédiens et trois musiciens (une contrebasse et deux Djs).

Cette création est destinée à évoquer l'univers particulier des malentendants et des malvoyants, alliant dans une œuvre commune la danse, la musique et le théâtre.

Ce spectacle s'appuie, dans son concept et dans sa réalisation, sur une communication particulière : La Langue des Signes Françaises.

L’intention du metteur en scène est d’exposer le spectateur à la confusion des sens et à l’agression générée par le télescopage des informations…
C’est ainsi que les textes sont projetés, dansés, signés, parlés, scratchés et boxés au fur et à mesure que l’on pénètre dans cette Nuit…

Cet événement a pour ambition de rayonner dans et au-delà de la région Languedoc Roussillon afin de faire partager une expérience forte en sensibilisant le public à l'univers particulier des déficients sensoriels.

La Nuit des Signes peut s’inscrire dans une action pédagogique auprès du public scolaire avec la mise en place d’ateliers de hip-hop/break danse, scratch et d’initiation à la Langue des Signes Française, dont l’apprentissage devrait être pleinement intégré à tout cursus.


Avec :
Mise en scène et textes : Bernard Calendini
Chorégraphie : Patricia Loubière
Danse : Patricia Loubière & Majid Yahyaoui
Comédiens : Eve Nuzzo & Francois Kopania
Musique : Michel Altier (contrebasse), Djs Diez & Tito
Régie : Didier Peigle
Accompagnement lumière : 6 participants
L.S.F. : 1 interprète
Communication presse : Carine Claude
Communication visuelle : Dimitri De Lago
Attachée de production : Sandie Safont
Création & production : Le Manif Prod.


Pour en savoir plus -> le site http://www.lemanif.org/